Le Tonnerre de Brest
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by | Histoire, Humour, Patrimoine | 2 comments

Mon père est né à Brest (Recouvrance pour être précis) et ma mère à Saint Renan ( à quelques encablures de la cité du Ponant), et j’ai moi-même passé plus de 20 ans dans cette ville du bout du monde.

Nous connaissons tous (du moins je l’espère) cette expression “Tonnerre de Brest” popularisée par le capitaine Haddock, et une de ses préférées avec “bachi-bouzouk” et “mille sabords”.

Tonnerre de Brest s’utilise pour exprimer une surprise, un dépit ou une colère.

Quelle est l’origine de cette expression?

Longtemps controversée, l’explication “climatique” semble maintenant la plus plausible
grâce a une lettre inédite, récemment découverte dans les archives de l’Académie des sciences.

L’explication climatique

Cette lettre, ecrite par André François Boureau-Deslandes (1689-1757), jeune commissaire ordinaire de la Marine et membre de l’Académie, est intitulee “Sur quelques effets du tonnerre“. Elle raconte les évènements survenus durant la nuit du 14 au 15 avril 1718:

Sur les 4 heures du matin, il fit trois coups de tonnerre les plus horribles que j’aie jamais entendus. Dans cet espace de la Côte de Bretagne qui s’étend depuis Concarneau jusqu’à Saint-Pol-de-Léon, on a observé que le tonnerre était tombé sur 24 églises différentes et à la même heure.

Cinq jours plus tard, Boureau-Deslandes se rend à Gouesnou, non loin de Brest, dont l’église a été transpercée par la réunion de « 3 globes de feu, chacun 3 pieds et demi de diamètre », qui ont occasionné la mort de trois sonneurs de cloches.

Source

Le son du canon

Avant la découverte de cette lettre, l’explication la plus couramment admise était celle du canon de Brest, qui offrait elle même deux options:

  • L’arsenal de Brest, dont le son du canon rythmait jusqu’en 1924 le début et la fin du travail.
  • Le bagne de Brest (1749-1858), qui faisait tonner le canon lors d’une évasion.

Grace à Boureau-Deslandes, le mystère n’en est désormais plus un. L’expression “Tonnerre de Brest”, popularisée par Tintin, mais aussi Marcel Proust, Paul Féval et Georges Brassens, doit son origine au …tonnerre!

Le canon de Brest est réclamé par …l’Algérie!

Peut-être ne saviez-vous pas que le pauvre canon est l’objet d’une querelle avec l’Algérie:

“Le canon avait été ramené en France comme trophée de guerre le 5 juillet 1830, au moment de la conquête de l’Algérie. Transformé en colonne, il est érigé au milieu de l’arsenal de Brest en 1833. Il n’en a pas bougé depuis.”

Sources: Ouest France et Le Télégramme

 

 

Le Tonnerre de Brest en chanson

Tonnerre de Brest est le titre d’une chanson de notre Bretonne nationale Nowlen Leroy ( née comme Maman à Saint Renan) dont vous pourrez apprécier la jolie voix ainsi que les paroles de Miossec dans la vidéo ci-dessous:

Que Nowlen ait commis une chanson sur Brest n’a rien somme toute rien d’étonnant compte tenu de ses origines.

En revanche, que cette expression soit également le titre d’une chanson d’un groupe congolais est un peu plus…surprenant!
Je laisse découvrir leur version dans la vidéo ci-jointe.

Le saviez-vous?

Bien que disposant d’un répertoire d’approximativement 220 jurons, le capitaine Haddock n’en profère qu’une douzaine se rapportant au champ lexical de la mer.

Après la guerre, le langage des personnages de Tintin évolue, devenant plus politiquement correct. Certains jurons du capitaine Haddock disparaissent et sont remplacés dans les rééditions d’albums par des termes jugés moins choquants.

C’est le cas par exemple pour « fatma de Prisunic » remplacé par « bayadère de carnaval » ou « anthracite » et « commerce noir » remplacés par « iconoclaste ».

Petit sondage

Quel est votre juron préféré du capitaine Haddock?

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