Les Ricains, Sardou et le Débarquement en Normandie
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by | Histoire, Patrimoine | 4 comments

En ce jour du 6 Juin, où l’on célèbre le sacrifice de dizaines de milliers de soldats Américains, Britanniques et Canadiens, la chanson de Sardou me revient inévitablement en mémoire.

Du reste, elle ne m’a vraiment jamais quittée depuis le jour où je l’ai entendue pour la première fois. Le jeune garçon que j’étais alors fut profondément marqué par les paroles, mais aussi le style “country” de la mélodie écrite par Guy Magenta.

Il est certain que cette chanson aura contribué à la passion que je porte à l’Amérique et aux Américains, passion partagée par mon père qui, jeune adolescent, avez vécu la libération de Brest, sa ville natale, par les troupes Américaines.

Il me décrivit l’immense gratitude qu’il avait alors éprouvée et qui ne l’a plus jamais quitté.

Le commando Kieffer

Un couplet de la chanson de Sardou m’intriguait plus particulièrement:

“Un gars venu de Géorgie
Qui se foutait pas mal de toi
Est venu mourir en Normandie
Un matin où tu n’y étais pas

Que voulait-il dire par “Un matin où tu n’y étais pas”?

Je n’ai appris que quelques années plus tard, que la participation française au débarquement fut en effet pour le moins symbolique.

Elle se résumait à un petit contingent de 177 soldats, le commando Kieffer, à comparer aux 158000 hommes qui prirent part au débarquement.

Le commando, intégré au sein des troupes britanniques, et entrainé en Ecosse, débarque à SWORD Beach en ce matin du 6 Juin 1944.

Il fera honneur à la France en menant à bien une mission difficile. Non sans perte cependant. Seuls 24 parmi les membres du commando ne seront ni tués ni blessés.

Le commando, qui a conservé son nom, est actuellement basé à Lorient.

Le cimetière Américain

Bien des années plus tard j’ai eu le privilège de visiter ce haut-lieu historique accompagné de mes enfants: Omaha beach, la pointe du Hoc au paysage lunaire, et l’incomparable cimetière américain.

L’émotion que l’on ressent en déambulant au sein de ces rangées de croix si parfaitement alignées dans ce paysage majestueux vous prend à la gorge.

Le recueillement des visiteurs, venus des quatre coins du monde, confère à ce lieu une une solennité sans égale.

Le silence y est absolu, et il est bien difficile de retenir ses larmes à la lecture du nom de ces jeunes hommes qui ont donné leur vie pour permettre aux Français, et au reste du monde de vivre libre.

L’autre cimetière

Il existe une autre cimetière non loin de là, rarement mentionné dans les guides: le cimetière allemand. Il est petit et humble mais ne laisse en rien indiffèrent.

En lisant les inscriptions sur les simples plaques à même la terre, on constate avec une infinie tristesse que les ennemis d’alors étaient de bien jeunes hommes, tout comme les américains, anglais, canadiens et autres soldats d’infortune qui ont péri dans ce conflit inutile.

On ne peut alors s’empêcher de réaliser toute l’immensité du gâchis.

Le Jour J en 3 minutes

Le saviez-vous?

La chanson “Les Ricains” fut initialement écrite pour Alain Delon qui voulait enregistrer un disque.
Pris par d’autres projets, il déclina l’offre et c’est ainsi qu’à l’âgé de 20 ans Michel Sardou fit ses débuts dans la chanson.

La chanson sera censurée à la demande des autorités gaullistes et interdite de radio, à l’exception de RTL qui la diffusera.

L’ “amicale du fusillé” fait référence au parti communiste français, qui s’est souvent présenté après 1944 comme le “parti des fusillés”.

“À l’amicale du fusillé
On dit qu’ils sont tombés pour rien.”

Petit sondage

Avez-vous déjà visité le cimetière américain?